Reconnus pour leurs bienfaits écologiques, les transports collectifs et actifs aident également à rendre une ville compétitive et attractive, conciliant croissance économique et qualité de vie.
Des villes dynamiques et attrayantes
Le dynamisme économique d’une ville dépend en partie de la capacité des personnes qui l’habitent à se déplacer. Ainsi, les transports collectifs et actifs jouent un rôle majeur pour la mobilité, en permettant aux citoyens d’accéder efficacement aux endroits stratégiques de la ville, facilitant l’accès aux commerces et services et stimulant ainsi l’économie des quartiers desservis.
Ils améliorent également la qualité de vie en ville, en réduisant plusieurs nuisances liées à la circulation automobile (congestion, problèmes de stationnement, bruit et pollution) et contribuent à la bonne santé économique de la collectivité. Une étude de Transport Canada datant de 2006 évalue d’ailleurs que les coûts de la congestion dans la région d’Ottawa-Gatineau sont de 40 à 88 millions de $ annuellement (www.tc.gc.ca/fra/medias/communiques-nat-2006-06-h006f-2353.htm).
Selon Christian Savard, directeur général de Vivre en Ville, « Les transports collectifs et actifs s’avèrent la meilleure solution pour enrayer la congestion et faciliter l’accès à la ville sans recourir au développement du réseau autoroutier, dont la construction et l’entretien s’avèrent de plus en plus coûteux ».
Des retombées locales
Le transport collectif est un puissant levier pour favoriser l’économie nationale, régionale et locale. Au Québec, un investissement dans le transport en commun génère des retombées économiques trois fois plus importantes que le même investissement dans le secteur automobile (Association du Transport Urbain du Québec, 2009).
À Gatineau, par exemple, le Rapibus va transformer le visage de la ville et entrainer des retombées économiques importantes : création de près de 2 000 emplois pendant la construction et croissance économique de la ville de l’ordre de 1,2 milliard de dollars en valeur foncière puisque les axes majeurs de transports collectifs exercent une attraction qui influence le développement immobilier (www.rapibus.sto.ca/index.php?id=66).
Lier aménagement et transport
Les transports collectifs et actifs nécessitent une politique d’aménagement favorable de la part des collectivités. En effet, l’aménagement du territoire et les transports sont des champs d’action indissociables qui s’influencent mutuellement.
Une forme urbaine étalée et monofonctionnelle favorise l’utilisation de l’automobile et la présence d’infrastructures autoroutières renforce l’éloignement des développements résidentiels et commerciaux.
Inversement, la présence de milieux de vie compacts et diversifiés augmente le niveau d’offre de service du transport en commun (augmentation des heurs de services, fréquence, nombre de parcours, etc.) et favorise l’utilisation des transports actifs. Pour constituer une alternative valable à l’automobile, le transport collectif doit être développé de façon intégrée avec les autres modes de déplacement (marche, vélo, auto-partage,etc.) afin d’offrir aux usagers une flexibilité et une efficacité se rapprochant de celles qui caractérisent la possession d’une automobile.
Les façons de créer des conditions favorables aux transports actifs sont nombreuses : aménager des quartiers à échelle humaine, augmenter la mixité des activités pour offrir une variété de services et commerces accessibles à pied, implanter des mesures d’apaisement de la circulation, améliorer le confort et la sécurité des piétons et cyclistes, mettre en place des aménagements cyclables, etc.
Enfin, des mesures peuvent également être mises en place pour augmenter l’attractivité du transport collectif face à l’automobile, en instaurant des normes plus sévères en matière de stationnement ou du prix de l’essence par exemple.
Autres sources :
STCA de Québec (2008), Profitables les transports collectifs et actifs ! Cahier spécial Le Soleil, Québec.
Sagacité, www.sagacite.org/2011/02/aucune-emission-mais-les-moins-utilises/
Sagacité, www.sagacite.org/2011/02/le-transport/
Les transports actifs sont un moyen de faire face aux défis environnementaux mais également une réponse aux problèmes que pose la sédentarisation croissante de notre société. Marcher et faire du vélo, c’est tout simplement excellent pour la santé !
Des sociétés sédentarisées
Les enjeux reliés à la sédentarité et à la dépendance automobile représentent un problème de société majeur pour les nations les plus développées. Au Canada, les coûts de santé reliés à l’inactivité étaient de 5,3 milliards de dollars en 2001, dont 1,6 milliard en coûts directs dans le système de santé (Katzmarzyk et Janssen, 2004).
La sédentarisation excessive a un impact sur la diminution de la forme physique, en particulier chez les adolescents. De plus, l’inactivité physique augmente la vulnérabilité des personnes aux maladies métaboliques, cancéreuses ou vasculaires. Au Canada, les personnes inactives utilisent en moyenne les services de santé 38% plus souvent que les personnes actives (Sari, 2009).
Inversement, toute modification de nos habitudes de déplacement, même modeste, peut amener des gains considérables pour notre santé physique et mentale, mais également pour notre qualité de vie et nos finances personnelles, ainsi que pour les dépenses publiques, l’environnement et la société. Les risques d’obésité diminuent de 4,8 % pour chaque kilomètre marché par jour (Frank, Anderson et Schmid, 2004). Par ailleurs, 30 minutes d’activité physique par jour suffisent et permettent de réduire considérablement les risques pour la santé.
Les transports collectifs et actifs favorisent l’activité
Les transports actifs sont avantageux sur le plan de la santé puisqu’ils ne contribuent en rien à la diminution de la qualité de l’air et de la sécurité routière. Or, la pollution atmosphérique coûte 1,3 G$/an au Québec, dont 97 % liés à la santé (Transport Canada, 2007).
Aux États-Unis, les personnes qui utilisent les transports collectifs marchent en moyenne 19 minutes par jour, et environ le tiers d’entre eux marchent plus de 30 minutes par jour. L’utilisation du transport en commun est ainsi associée à une diminution des taux de diabète, des taux de mortalité cardiovasculaire et des accidents vasculaires cérébraux.
Les moyens d’intégrer les transports actifs à son quotidien sont nombreux : aller à l’école, au travail ou faire ses courses à pied ou à vélo, emprunter les escaliers plutôt que l’ascenseur, descendre du bus une station plus tôt, etc. Malgré leurs nombreux avantages, la marche et le vélo sont encore trop souvent laissés pour compte et ne bénéficient pas toujours d’un environnement favorable à leur pratique.
Autres sources :
Sagacité, www.sagacite.org/2011/02/aucune-emission-mais-les-moins-utilises/
Toussaint Jean-François, 2008, Retrouver sa liberté de mouvement, Plan national de prévention par l’activité physique et sportive, Paris.
Kino Québec, www.kino-quebec.qc.ca/generales.asp
Transport Canada, 2008. Estimation de la totalité des coûts du transport au Canada.
S’il suffit de se connecter chez soi sur Internet pour organiser en amont ses déplacements, il est maintenant également possible d’improviser en profitant des différentes applications mobiles qui associent la qualité des informations en temps réel et les principes de géolocalisation: déterminer les parcs à vélos et automobiles les plus proches de sa situation géographique, mettre en relation conducteurs et passagers pour des trajets de covoiturage et fournir des informations précises sur les lignes, horaires et trajets préférentiels, facilitent ainsi la mobilité des personnes en transports durables.
Des projets novateurs
À New-York, le système Sobi (Social Bike) permet aux usagers de localiser, verrouiller et déverrouiller les vélos en libre service et d’effectuer des paiements par téléphone portable. Le système permet ainsi d’éliminer le besoin d’infrastructures et présenterait un coût d’installation quatre fois inférieur à un système en libre service classique.
Les nouvelles technologies pourraient aussi permettre de simplifier les trajets en transports collectifs. En effet, certaines agglomérations françaises comme Marseille et Nice expérimentent la technologie de communication sans-fil (NFC), permettant aux utilisateurs des transports publics d’acheter et de valider leurs titres de transport via leur téléphone portable.
Certaines applications Internet et mobiles telles que Isokron maps et Locomote en France, permettent aussi de montrer en quelques instants les zones les plus accessibles en transport collectif par rapport à votre position, de fusionner les messages échangés par les voyageurs sur Twitter et les alertes officielles pour créer une information en temps réel plus riche sur le réseau de transport collectif ou de faciliter les recherches d’itinéraire en comparant visuellement plusieurs trajets et plusieurs modes (http://www.isokron.com/).
De son coté, Nokia vient de mettre en pratique un chargeur de batteries branché sur une petite dynamo activée par le mouvement des roues d’un vélo, permettant ainsi de recharger son cellulaire. Un déplacement de dix minutes à 10 km/heure permet ainsi à un cycliste de récupérer près d’une demie heure d’autonomie.
Les nouvelles technologies à Gatineau et Ottawa
Dans la région, il est désormais possible de planifier ses trajets à vélo. Google maps offre en effet un outil « itinéraires à vélo » où sont inclus toutes les voies et tous les sentiers cyclables gérés par la Commission de la Capitale Nationale et les villes d’Ottawa et de Gatineau. (canadascapital.gc.ca/bins/ncc_web_content_page.asp?cid=16297-16299-9970&lang=2)
Les transports collectifs utilisent également de plus en plus les nouvelles technologies pour améliorer la qualité du service aux usagers en se dotant de systèmes de transport intelligent (STI). La technologie STI sera d’ailleurs intégrée au Rapibus de Gatineau. Grâce aux systèmes de localisation automatique des véhicules, un dispositif d’information en temps réel avertira les usagers du transport en commun de l’heure d’arrivée exacte du prochain autobus, augmentant ainsi la fiabilité et la ponctualité du service. À l’intérieur des autobus articulés, des systèmes d’annonces visuelles renseigneront également les usagers à propos du prochain arrêt (www.rapibus.sto.ca/index.php?id=53).
Sources :
Ministère du développement durable, France, 2011, www.agissons.developpement-durable.gouv.fr/Le-numerique-au-service-de-la
Proxima Mobile, www.proximamobile.fr/article/la-rencontre-du-velo-et-des-technologies-mobiles, www.proximamobile.fr/article/recharger-son-cellulaire-bicyclette
Social Bicycles, socialbicycles.com/